- Une forme fragile apparaît quand un geste traverse un point du - monde sans se refermer sur lui-même. C'est ce qui tient et respire - encore. + Allongé dans mon lit haut. Dans cette chambre, au premier étage. + Sur ma gauche, des étagères où s'alignent des doudous. Il me + regardait tout spécialement, une sorte de beagle en plus ramassé, + avec des oreilles ovales noires, des poils cordés mais fins. Je + sentais son odeur rien qu'à le regarder. Je l'aimais, et je l'aime + toujours.
- Elle peut être minuscule, bancale, même invisible, mais si - vivante, elle laisse passer quelque chose : circulation, souffle, - lien. + Chaque soir, Maman venait me caresser le front de ses longs + cheveux blonds. Ses yeux me calmaient.
- On reconnaît une forme vivante non à sa structure mais au fait - qu'elle réagit encore à un geste, qu'un lien peut l'irriguer sans - la figer, qu'elle peut encore muter. + Je sens chaque détail. C'était hier, il y a une minute, à peine un + instant. Maman va monter, j'en suis sûr.
- Comme tous les matins, Samuel regarde sa femme et lui lance un - « Bonne journée mon amour » avant de fermer la porte de leur - rez-de-jardin. Ça fait bien longtemps que le mot sonne creux. Il a - certainement la même place pour eux que moutarde ou télécommande, - mais ils continuent à se rassurer. + Je ne me suis jamais déplacé dans le temps. Je suis là. Même point + d'être.
+L'enfance n'est pas loin. Juste en dessous […]
- Le courage du réel – Chapitre IV, Forme + Le Courage du Réel – Chapitre XX