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Julie Blanc 2026-03-17 11:49:49 +01:00
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<section class="chapter" data-chapter="entretien">
<span class="nav-decor">D6cor</span>
<span class="nav-author">Charlie Aubry</span>
<span class="nav-title">"Des intuitions venues en le faisant"</span>
<div class="chapter-header">
<div class="hgroup-before">
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<div class="hgroup">
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<h2><span>"Des intuitions venues en le faisant" </span></h2>
<p class="author"><span>Charlie Aubry</span></p>
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<div class="hgroup-after"><br><br>+<br>++++<br>+++<br>++<br>+<br><br>++<br>+<br>+<br>+<br>+<br>+
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</div>
<div class="description-before">.............................</div>
<div class="description">Entretien avec Charlie Aubry, réalisé le 30 novembre 2025 par Martin De Bie.</div>
<div class="description-after">.............................</div>
<p class="following-title">Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Quisque feugiat non odio eu euismod. In sit amet eros ut velit ornare sollicitudin sit amet quis est. Vestibulum ultricies dui commodo diam tristique efficitur. Mauris eleifend enim at vestibulum placerat. Vestibulum placerat elit metus. Class aptent taciti sociosqu ad litora torquent per conubia nostra, per inceptos himenaeos. Nullam iaculis magna eget nisl semper, ut scelerisque nisi luctus. Fusce pharetra tincidunt pharetra. Curabitur ac sodales mauris. Praesent erat leo, rhoncus ut felis a, auctor egestas nulla. Nulla pretium ex vitae ante commodo sollicitudin. Phasellus sed velit aliquam, laoreet neque vel, faucibus quam. Etiam posuere cursus sem, quis laoreet tortor posuere ac. Aliquam sed fermentum justo, a lobortis libero. In auctor arcu id metus auctor, ac tincidunt velit euismod. Donec vel arcu ut sapien convallis pharetra.</p>
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<section class="chapter" id="olivain-porry"> <h6>Martin</h6>
<p>Bonjour Charlie, merci davoir accepté cet entretien pour
la revue Décor numéro 6. Avant de commencer, jaimerais revenir
brièvement sur ton travail.</p>
<p>Tu es artiste plasticien, et quand on parcourt ton travail, on se
rend rapidement compte que tu as un goût assez prononcé pour la
collection, le démontage, le hacking de machines, le détournement
dobjets souvent désuets et promis à labandon. Il y a aussi chez toi
une manière assez forte de faire dialoguer une pensée complexe avec des
formes très accessibles. Pour cela, tu utilises des médiums très variés
: la vidéo, linstallation, des formes parfois plus sculpturales, avec
une place souvent centrale accordée au son et à la musique que tu
pratiques aussi à côté.</p>
<p>Aujourdhui, jaimerais quon parle plus précisément de ton travail à
travers une pièce, une installation : P3 450. Elle a été présentée aux
Abattoirs de Toulouse en 2019, puis au Palais de Tokyo en 2020. Lidée,
cest de sappuyer sur cette pièce pour comprendre ton processus de
création, lorsque tu imagines tes installations. Jaimerais quon essaye
de “craquer ton code créatif” qui me semble être davantage une posture
quune méthode fixe, que tu appliques à chaque projet.</p>
<p>Pour commencer, peux-tu nous décrire brièvement cette installation P3
450 ? Son origine, son fonctionnement, et ce que cela produit comme
expérience pour le public ?</p>
<h6>Charlie</h6>
<p>Déjà, merci pour linvitation.</p>
<p>Pour P3 450, si on repart sur la genèse du projet, cétait en réponse
à la loi sécurité globale qui donnait le droit aux autorités étatiques
de scanner les visages et den tirer des informations, et ensuite de
faire des croisements de ces données-là : trouver des identités, ou
plein dautres choses. Et je crois que cest aussi lié avec larrivée
des premières IA qui se démocratisent, le début de ChatGPT, plein
dautres outils, comme les petites cartes NVIDIA type Jetson Nano qui
permettaient de faire tourner des petites IA de reconnaissance. Et dun
coup, à ce moment-là, jai commencé à réaliser la force de frappe de ces
outils, ou quelles allaient avoir : dans les croisements de big data,
pouvoir repérer quelquun, trouver son compte en banque, se rendre
compte que tout est lié informatiquement dans des bases de données. On
le voit quand on retrouve des gens en un claquement de doigts. Tous ces
croisements entre la plaque dimmatriculation, le compte en banque, la
CAF, etc.</p>
<p>Jy voyais quelque chose dassez violent. Je me suis demandé comment
ça pouvait se remettre dans lespace public, enfin dans lespace
dexposition, mais que ce soit pas utopique : quelque chose de réel,
fonctionnel, et aussi fonctionnel juridiquement. À lépoque, on sest
entouré dune avocate juriste dans le numérique : avec elle, on a trouvé
le périmètre daction, ce quon avait le droit de faire. Les lois
changeaient tous les six mois : à un instant T ça marchait, et ça ne
marche plus maintenant.</p>
<p>Je me suis entouré dun docteur en intelligence artificielle qui
sappelle Jean-Charles Risch, avec qui on a travaillé en collaboration.
Il est le grand architecte de l'installation.</p>
<p>Linstallation ressemble à une espèce de data center. Il y avait
lidée de montrer la consommation, montrer ce que ça génère : des bips
informatiques, des ordis qui travaillent, les câbles… On parle du cloud
comme si cétait dématérialisé, mais en fait ça arrive vraiment à un
endroit, un endroit qui récupère tout ça.</p>
<p>[..]</p>
<p>En fonction du visage de certains, ça bloquait pendant 30 secondes,
et les écrans allaient chercher de la publicité, des choses attractives,
pour ces personnes-là, à partir de choses terribles : lIA quon a
entraînée essayait de trouver des catégories sociales. Cest un peu ce
que fait Facebook : essayer de faire un profil psychologique et social
avec quelques photos.</p>
<p>[..]</p>
<p>Pour entraîner lIA, quon a fabriquée de A à Z, on la déposée aussi
à lorganisme INPI ou je ne sais plus, pour avoir les droits, parce
quon la fait de zéro. Jean-Charles Risch est spécialisé en machine
learning. LIA était capable dapprendre à partir de quelques données,
puis de sauto-alimenter. Et là, pour “trouver une classe sociale”, ça
veut dire quoi ? Cest intéressant de voir le chemin quelle fait.</p>
<p>Par exemple : quelquun porte du Louis Vuitton, est-ce que cest
quelquun de riche ? Sil est racisé, est-ce que cest toujours
quelquun de riche ? Sil est blanc, est-ce que cest quelquun de riche
? Tout ça. En plus, il y avait une analyse faciale : si la vidéo
projetée sur la personne repérée, si la personne souriait, elle avait un
bon point. Si cétait intermédiaire ou elle était pas contente, elle
avait un mauvais point. À force, elle sest auto-alimentée. Cétait
dune grande précision, très flippant.</p>
<h6>Martin</h6>
<p>À quel point cétait important dans le processus de
création de partir de zéro, dentraîner “from scratch” un algorithme,
alors quil existait déjà des modèles, des datasets que tu pouvais
récupérer assez facilement ?</em></p>
<h6>Charlie</h6>
<p>Je crois que cest un moyen de comprendre, déjà, pour moi.</p>
<p>Jean-Charles, lui, était docteur, il comprenait les enjeux. Mais moi
je ne comprenais pas bien. Javais besoin de le faire avec lui pour
comprendre larchitecture, et aussi les enjeux : distinguer ce qui est
de lordre du mythe, du Terminator. Dailleurs cest pour ça quon la
nommé <strong>P3 450</strong> : cest le nom de série des cartes qui
pilotent la quarantaine dordis. Et ça faisait référence à au T1000 de
Terminator ou bien au film THX 1138…</p>
<p>Le titre joue sur le mythe du dépassement de lhumain, mais en le
faisant on se rend compte que non : cest basé sur des clichés racistes,
homophobes… cest terrible. Cétait intéressant de comprendre comment
cela fonctionne : comment on crée un pseudo-cerveau, quelle autonomie
réelle, et comment cela peut sappliquer.</p>
<p>Et juridiquement, partir de zéro permettait de mettre un périmètre
clair. On a utilisé des datasets, des banques dimages : pour entraîner
une IA, il faut des centaines de milliers dimages. On a eu des
librairies open source énormes, des centaines de gigas, pour
différencier identité de genre, etc.</p>
<p>[..]</p>
<h6>Martin</h6>
<p>Donc lorsque tu commences à travailler avec Jean-Charles
Risch, tu comprends comment cela fonctionne, mais tu nas pas encore la
forme définitive de linstallation. Comment le fait de mettre les mains
dans le cambouis a fait évoluer ce que tu allais construire visuellement
au fur et à mesure que le projet avançait ?</em></p>
<h6>Charlie</h6>
<p>Il y avait une grosse part dimpro. Aux Abattoirs, javais
quatre jours dinstallation. Avec beaucoup de schémas, on a fait tourner
les machines dans un petit espace, et ça a créé une première version
monolithique, à léchelle de la pièce où on a fait tourner les
machines.</p>
<p>[..]<br />
<br />
Quand on entend les ordis réfléchir, le bruit des disques durs… On a
envie que ça se matérialise. On simagine à léchelle dinternet : un
data center avec des centaines de milliers de serveurs.</p>
<p>[..]<br />
<br />
Mais cela sest formalisé tard, au moment du montage. Et javais envie
de ramener quelque chose dhumain, pas juste une baie informatique :
raconter des histoires dedans, mettre des objets du quotidien, etc. Mais
oui, ça sest formalisé sur la fin : des intuitions venues en le
faisant.</p>
<h6>Martin</h6>
<p>Tu parlais des biais, ça me fait penser au chatbot de
Microsoft (Tay), qui est devenu raciste en moins de 48h. Est-ce quà un
moment, en voyant évoluer lIA, vous avez eu peur que ça prenne une
mauvaise tournure ?<br />
Avez-vous choisi de la contraindre, ou au contraire de prendre le risque
de laisser apparaître ces dérives, parce que cela fait aussi partie de
la réalité de ces algorithmes ?</em></p>
<h6>Charlie</h6>
<p>On a eu des gros stops de la part du musée. Comme lidée était
que cela puisse exister dans la vraie vie, il fallait que le spectateur
rentre sans signer une décharge. Il y avait donc des éléments
rhétoriques : on parlait “danalyse de pixels” plutôt que de
portraits.</p>
<p>[..]</p>
<p>Après, on na pas énormément contraint le système. Là où cela a
vraiment été limité, cest sur lidentification des personnes. Cétait
interdit par la juriste et par le musée. Car lorsquon associe un visage
humain et quon lui dit “trouve une identité”, ça sortait des dingueries
: afficher des animaux selon des caractères physiques… mais parfois ça
arrivait à trouver une identité, une sur dix tentatives. Cela dépendait
surtout de sa médiatisation.</p>
<p>Donc tout cela, on la exclu. Pour le reste, ça se baladait sur
YouTube.</p>
<p>Pour le schéma, on avait fait un tableau, une grille que lIA pouvait
auto-remplir. Au début, on a mis des mots-clés caricaturaux : personne
âgée est associée à documentaire animalier ou discours politique ; un
enfant lui vers Nike, Haribo, etc et via lAPI YouTube, on recherche par
tags. Puis on lui a dit : tu as ça comme base, auto-alimente toi et
génère des nouveaux tags en fonction de la réaction des gens.</p>
<p>[..]</p>
<p>Mais le spectateur ne voyait pas forcément cette ingénierie
derrière.</p>
<h6>Martin</h6>
<p>Justement, quelle était la perception des gens ?<br />
Est-ce quils comprenaient vraiment ce qui se jouait ?<br />
Comment ressortaient-ils de linstallation ? Et quels types de discours
revenaient le plus souvent ?</em></p>
<h6>Charlie</h6>
<p>Il y a eu quelques personnes averties qui mont écrit pour me
dire : “je ne veux pas être enregistré”. Mais je ne suis pas sûr
quelles comprenaient vraiment ce qui se jouait. Cétait surtout la peur
dêtre filmé.</p>
<p>Dans linstallation, il y avait un écran de contrôle de chaque côté,
pour que lon puisse tourner autour. Cela affichait en temps réel ce que
lIA voyait : parfois un focus sur un visage, âge, genre, etc.</p>
<p>Mais cétait assez déceptif : je pensais que les gens seraient en
colère, quils casseraient tout. En fait, ils étaient plutôt contents.
Cela faisait attraction.</p>
<p>[..]</p>
<h6>Martin</h6>
<p>Aujourdhui, en 2026, lIA est partout dans les
conversations.<br />
Si la pièce était présentée maintenant, est-ce que tu penses quelle
aurait un impact différent maintenant que lon a une conscience plus
aiguë de ces enjeux ?<br />
Et quen serait-il de cette question du visible et de linvisible,
notamment autour des data centers ?</em></p>
<h6>Charlie</h6>
<p>Je pense que les gens nont toujours pas vraiment conscience
que les data centers réchauffent le climat, quils consomment énormément
deau, dair… Ça, ce nest pas encore totalement conscientisé. LIA,
oui.</p>
<p>Mais pour le reste, on est toujours dans une forme de dictature
molle. Lidée, cest que tu passes dans linstallation, puis tu sors et
tu te dis : “tiens, je vais me faire un McDo”, en pensant que ça vient
de toi. En fait, l'IA, sur certains attraits, te pousse à consommer.
Tas limpression que ça vient de toi, mais pas du tout. Peut-être quil
aurait fallu pousser encore plus loin, aller vers une forme de
sponsoring assumé. Il y avait déjà YouTube. </p>
<p>[..]</p>
<h6>Martin</h6>
<p>Quel est ton point de vue sur les outils numériques, et
plus spécifiquement sur lIA, dans le champ de lart ?<br />
Pour les créateurs, cela ouvre des possibilités presque infinies, mais
cela soulève aussi des questions politiques, parfois polémiques.<br />
Comment toi, tu te situes par rapport à cela ?</em></p>
<h6>Charlie</h6>
<p>Cest compliqué. Réponse en deux voies.</p>
<p>La première voie, cest que si tu mavais posé la question avant que
je sois professionnel à 100 %, jaurais probablement répondu autrement.
Aujourdhui, jai parfois limpression dêtre davantage le chef dune
PME quun artiste plasticien : il y a la compta, lauto-branding, les
réseaux… On se rend compte que tout entre en jeu, la condition sociale
aussi. Ce sont des autoroutes à vitesses très différentes.</p>
<p>[..]</p>
<p>Quand je réponds à un appel à candidature, je ne suis pas payé pour
le faire, et la réponse est négative la plupart du temps. Passer trois
jours dessus, cest lourd. Donc là-dessus, lIA maide. [..] On passe de
quatre jours à deux heures. Et ça me permet de me recentrer sur ma
pratique.</p>
<p>Cest pareil pour la démocratisation des savoirs : ça démultiplie ma
capacité à faire. Si je répare quelque chose, je prends une photo dun
PCB, jai immédiatement des pistes. Ça me fait gagner du temps et ça
mapprend aussi des choses. En même temps, je reste critique. Dans le
monde de lart, il y a déjà ce côté performatif permanent, les gros
studios, les assistants… Je nai pas envie dentrer là-dedans. Si lIA
me sert, cest pour dégager du temps et continuer à avoir les mains dans
les outils.</p>
<p>[..]</p>
<p>La seconde voie, ce serait dêtre totalement réticent. On est pris
dans un paradoxe capitaliste : jai des Nike, un iPhone, je sais ce que
ça implique en termes de ressources. Cest extrêmement difficile de
sortir du flux. Je ne cherche pas une forme de pureté, jessaie plutôt
de resserrer langle. Et puis il y a labsence déthique : ces outils
peuvent aussi servir à produire du malveillant. On peut la berner
facilement et leur faire produire des choses dangereuses sous prétexte
de fiction.</p>
<p>En même temps, il ne sagit pas non plus dêtre des luddites. Cest
une révolution technologique, et sy opposer frontalement serait tout
aussi violent. Pour moi, la question est politique à une échelle
globale. Comme pour leau ou les vitrines allumées la nuit : ce nest
pas lindividu, cest le système. Et ce qui se profile, cest un écart
technologique énorme entre les pays, une nouvelle forme dordre. À mon
échelle, ça me rend plus performatif dans mon domaine. Mais la vraie
question reste celle de la balance : est-ce que mon travail justifie de
réchauffer 15 litres deau par prompt ? On ne matérialise pas réellement
limpact.</p>
<h6>Martin</h6>
<p>Dailleurs on parlait des petits modèles qui tournent en
local, de souveraineté, doutils plus frugaux. Cela pose la question de
louverture : des outils libres, du partage. Tu es sensible à lidée de
maîtriser tes propres outils, mais aussi à celle de les rendre
accessibles.<br />
Comment tu te situes par rapport à cela aujourdhui ?</em></p>
<h6>Charlie</h6>
<p>Jusquà il ny a pas longtemps, on pouvait trouver le code de
P3 450 sur mon site, je suis en train de tout refaire, mais tous mes
programmes sont accessibles.</p>
<p>La question du droit dauteur, au XXIe siècle, ce nest pas là-dessus
que je me concentre. Ce qui mintéresse davantage, cest la question du
revenu continu. Le droit dauteur est lié à une forme de capital, à des
inerties qui enrichissent souvent des gens déjà riches, et cest très
difficile dentrer dans ces cercles-là.</p>
<p>Par contre, la démocratisation des outils ma rendu autonome, que ce
soit sur le code ou sur les outils. Ça permet aussi de comprendre
comment les systèmes fonctionnent, de les contourner parfois, et surtout
de voir à quel endroit on peut intervenir. Je pense quon est dans une
bulle, dans quelque chose qui part un peu dans les extrêmes. Mais pour
la majorité des usages, ça va se nuancer. Avoir un agent local qui
consomme peu, ça deviendra logique. On ne pourra pas continuer à
fonctionner comme aujourdhui.</p>
<p>Ce qui minquiète, cest la question dune forme de “primitivisme”
technologique : des gens qui seraient considérés comme primitifs parce
quils nauraient pas accès à certaines augmentations, à certaines
technologies. Est-ce quil y aura des zones autonomes anti-IA, des
dispositifs anti-détection ? On peut déjà imaginer des choses comme ça.
Tout est interdépendant. on traite les sujets un par un, mais en réalité
tout se répond. Il faudrait des approches globales, à léchelle
internationale sur le plan écologique et technologique.</p>
<p>[..]</p>
<h6>Martin</h6>
<p>Peut-être une dernière chose pour conclure. On est partis
un peu dans tous les sens, mais cest aussi ce que génère ton travail :
quand on est artiste aujourdhui, on est obligé daller chercher
partout, parce que tout est intrinsèquement lié. On ne peut pas parler
dun sujet sans être “tout azimut”, sans croiser des dimensions
techniques, politiques, sociales.</em></p>
<p><strong><br />
CHARLIE :<br />
</strong>Ouais. Le plus dur, aujourdhui, cest cette dichotomie entre
le régime capitaliste, la démocratisation du confort, et puis la
saturation quon est en train de vivre. On voit même des mots comme
“écoterroristes” entrer dans le langage courant… Alors quen parallèle,
on sature lespace, on accumule les déchets, les satellites,
Starlink.</p>
<p>On est en train de créer une inertie qui se replie sur elle-même.
Jai parfois limpression que le capitalisme fabrique sa propre
obsolescence. Cest quand même fou den arriver à penser quil serait
plus facile dimaginer une fin du monde quune fin du capitalisme. À
léchelle de lhumanité, le capitalisme, cest 300 ans. Il y a eu
dautres systèmes avant, qui ont duré bien plus longtemps.</p>
<p>Malgré tout, je crois quà un moment il y aura une forme de force
commune. Les gens vont se rassembler, créer ensemble, sautonomiser. On
va forcément taper un plafond, que ce soit en termes de ressources ou de
fabrication. Et je pense que la suite, ce sera lhybridation : garder
les vieux objets, les amplis, les Mac et simplement leur ajouter de
petits modules, du Bluetooth, un PCB, plutôt que de tout jeter.</p>
<p>Cest déjà le cas dans certains pays où tout est récupéré et hybridé
, mais sur ces territoires cest une nécessité. Le vrai problème, cest
le fossé qui va continuer à se creuser entre ceux qui peuvent se
permettre de réchauffer les océans et ceux qui en subissent les
conséquences. À un moment, il faudra arrêter ou rééquilibrer les choses.
Sinon, on sera inondés. On fera des radeaux…</p>
<p><strong>MARTIN :<br />
</strong>Merci beaucoup Charlie.</p>
<h6>Charlie</h6>
<p>Merci à toi.</p>
<p><br />
</p>
<span class="nav-decor">D6cor</span> </section>
<span class="nav-type">Essai</span>
<section class="chapter" data-chapter="essai" id="olivain-porry">
<span class="nav-decor">D6cor</span>
<span class="nav-author">Olivain Porry</span> <span class="nav-author">Olivain Porry</span>
<span class="nav-title">Un robot-poete ne&nbsp;nous fait toujours pas peur</span> <span class="nav-title">Un robot-poete ne&nbsp;nous fait toujours pas peur</span>
@ -77,8 +438,6 @@
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<p class="following-title">Entouré dun cadre noir et brillant, posé sur une surface blanche et <p class="following-title">Entouré dun cadre noir et brillant, posé sur une surface blanche et
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</section> </section>
<section class="chapter" id="outdoor-computer-club">
<section class="chapter" data-chapter="essai" id="outdoor-computer-club">
<span class="nav-decor">D6cor</span> <span class="nav-decor">D6cor</span>
@ -1019,7 +1381,7 @@
<section class="chapter" id="jean-noel-lafague"> <section class="chapter" data-chapter="essai" id="jean-noel-lafague">
<span class="nav-decor">D6cor</span> <span class="nav-decor">D6cor</span>
<span class="nav-type">Essai</span> <span class="nav-type">Essai</span>